La maladie d’Alzheimer
est la plus répandue des démences, elle est la quatrième
cause de décès chez les personnes âgées dans les pays
industrialisés après les maladies cardiaques, les cancers
et les accidents cérébrovasculaires.
On doit l’appellation " maladie
d’Alzheimer " au Dr Alois Alzheimer, un médecin
pathologiste allemand, qui fut le premier, vers 1906, a
décrire certaines lésions cérébrales caractérisant cette
maladie.

Dr Alois Alzheimer
La maladie n’était pas nouvelle, mais ce
médecin établissait pour la première fois le lien entre
les lésions cérébrales observées à l’autopsie (du cerveau
dune femme de 56 ans, morte après la perte progressive de
ses facultés mentale) et le comportement anormal de cette
personne.
Ce n’est cependant qu’en 1976 que Davies et
Bowen réussissent à mettre en évidence une chute de la
concentration d’une enzyme importante pour le métabolisme
de l’acétylcholine, la cholineacétyltransférase. Cette
découverte était importante pour la suite des travaux de
recherche sur cette maladie.

Neurones

Histologie.
Cette affection est caractérisée par la
disparition d’un grand nombre de neurones dans le cortex
cérébral. Il se produit également un déficit de certains
neurotransmetteurs, en particulier d’une enzyme, l’acétyltransférase
de la choline qui assure la synthèse de l’acétylcholine.
L’acétylcholine est un transmetteur chimique chargé
d’acheminer l’information nerveuse d’un neurone à l’autre.
D’autres neurotransmetteurs sont également déficients. Ce
sont particulièrement la dopamine et la sérotonine. Ces
carences et l’atrophie globale du cerveau qui en résulte
sont probablement responsables du déclin des facultés
cognitives des personnes atteintes.
L’incidence de la maladie.
La maladie d’Alzheimer est la démence la
plus fréquente. Elle affecterait plus de 20 millions de
personnes dans le monde. Connue à l’origine sous le nom de
" démence présénile ", la maladie d’Alzheimer est
responsable de 75 % des cas de démence chez les personnes
âgées de plus de 65 ans. De façon plus précise, les
statistiques indiquent que cette maladie frappe
actuellement de 5 à 10% des personnes au-dessus de 65 ans,
selon les pays en cause, et environs 20% de celles qui
sont âgées de plus de 80 ans.
Il arrive que la maladie se déclare tôt,
soit entre 45 et 60 ans. Lorsqu’elle touche un sujet plus
jeune, ce qui produit dans environs 1% des cas, on la
nomme alors maladie d’Alzheimer présénile, alors
que chez un sujet de plus de 65 ans, elle est dite
maladied’Alzheimer sénile.
Certain chercheur affirme qu’elle affecte
également les personnes des deux sexes alors que d’autre
prétendent qu’elle affecte plus souvent les femmes que les
hommes, soit environ deux femmes pour un homme. Les uns
croient que ces chiffres sont faussés par la plus grande
longévité des femmes, les autres estiment que le sexe
féminin constitue un facteur de risque supplémentaire. Par
ailleurs, le nombre de démence d’origine vasculaire serait
plus élevé chez les hommes. Mais d’autres sources estiment
que la maladie d’Alzheimer affecte les sujets des deux
sexes, presque sans distinction. De plus, il semblerait y
avoir une prédisposition familiale, surtout pour les
personnes chez qui la maladie se déclare tôt.
La trame
symptomatique de la maladie.
Au début, les personnes manifestent de
légères pertes de mémoire, une baisse d’énergie, un manque
de spontanéité, un ralentissement des réactions et un
délai d’apprentissage, de même que des changements
d’humeur.
Elles ont tendance à éviter les situations
nouvelles (refuser d’utiliser la technologie courante
comme des cartes bancaires, les GSM, etc.). Elles sont
encore capables d’effectuer certaines tâches familières,
mais deviennent insécures devant toute action complexe. La
moindre difficulté ou le moindre changement les rend
anxieuses et irritables.
Elles sont de plus en plus oublieuses, leur
langage se ralentit et leur capacité de résolution de
problèmes et de décision diminue. Peu à peu, leur mémoire
à court terme devient très pauvre, alors que les souvenirs
anciens sont relativement bien conservés. Elles perdent la
notion du temps et des lieux et éprouve même de la
difficulté à reconnaître leurs proches.
Communiquer avec elle devient difficile,
car elles ont perdu la mémoire des mots (anomie), et
l’articulation empâtée rend la conversation ardue.
Les défaillances de la mémoire peuvent
passer inaperçu aux yeux de l’entourage qui le met sur le
compte de l’âge, ces défaillances se manifestent d’abord
par de petite perturbation, par exemple l’oubli d’un
rendez-vous, mais elles se révèlent très perturbatrice en
raison de l’angoisse et peut même entraîner la dépression.
Ces troubles s’accentuent à tel point que des moments
entiers du passé récent disparaissent, puis, peu à peu, le
passé plus lointain. Finalement la personne arrive à
oublier le nom de ses porches et même le sien.
Chez la personne qui souffre de la maladie
d’Alzheimer, le langage se modifie : il va de
l’imprécision à l’aphasie et se manifeste après les
troubles de la mémoire. Le plus caractéristique de cette
maladie est l’impossibilité de trouver les mots.
Avec le temps, la parole devient rare, le
vocabulaire adéquat disponible s’appauvrit et la malade
éprouve de la difficulté a nommer les objets les plus
usuels.
Même les consignes simples ne peuvent plus
être saisies. L’expression verbale devient
incompréhensible puis vient des phénomènes d’écholalie
(répétition des mots des autres) et de palilalie
(répétition de plus en plus rapide d’une syllabe ou d’un
mot). Puis leur succèdent l’aphasie ou le mutisme complet.
Les capacités motrices et intellectuelles
des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer peuvent
perdurer alors que la capacité mnésique est défaillante.
Avec le temps, ces malades deviennent peu à peu
complètement dépendants pour la satisfaction de tous leurs
besoins.
La personne ne sait plus comment faire pour
poser tel ou tel geste ou par quel bout prendre le
problème à traiter, même s’il s’agit d’un geste aussi
simple que d’ouvrir un robinet.
On voit apparaître des gestes automatiques
et répétés qui sont sans utilité, par exemple une légère
protrusion de la langue, une succion de l’extrémité de la
langue, le frottement d’un index sur la gencive, le
clapotis buccal, des gestes de pétrissage, frottement des
genoux ou des cuisses. Ces gestes apparaissent souvent en
situations anxiogènes.
La fonction oculomotrice se réduit de façon
marquée et le regard devient fixe pour de longs moments.
La personne éprouve de la difficulté à
reconnaître ce qu’elle voit. Elle perd même tout intérêt à
regarder, la reconnaissance des couleurs reste intacte
assez longtemps, mais affecte également la reconnaissance
dans l’espace.
La reconnaissance des perceptions liées au
corps de la personne elle-même s’estompe également. La
personne ne sait plus distinguer sa droite et sa gauche ni
préciser la localisation d’une douleur ou d’un malaise.
L’observation du comportement montre des
changements au point de vue affectif, le malade ne
reconnaît plus ses proches et ne leur manifeste pas
d’intérêt, son émotivité demeure extrême labile, ce qui la
rend très sensible au contexte environnement.
Ils saisissent l’agacement des soignant(e)s
devant leurs demandes, la hâte d’en finir avec le bain ou
le repas, la colère suscitée par leur actions maladroites
ou déplacées. Ils perçoivent le non-dit et déchiffrent le
comportement non verbal avec une grande finesse. Leur
réaction est alors empreintes d’angoisse, agitation, etc.
La personne qui souffre de la maladie perd
la souvenance de ses expériences de vie, sa perception
d’elle-même. Ne reconnaît plus les caractéristiques qui
ont fait d’elle telle ou telle personne en particulier,
elle perd même la souvenance de son non et la capacité de
reconnaître son visage dans le miroir, elle s’adresse à
son image comme a une personne étrangère et il arrive
qu’elle manifeste de l’agressivité à son endroit.
Certaines façons de faire sont des
comportements de substitution pour que le malade ne sache
plus dire ou exécuter, comme le fait d’employer des termes
incongrus, ou de mettre une chaise sur sa tête au lieu de
s’asseoir dessus parce qu’il ne se souvient plus à quoi
elle peut servir. D’autres conduites sont suscitées par
l’angoisse et la peur reliée aux difficultés
d’interprétation de l’environnement.
Au-delà de la détérioration mentale, l’état
physique de la personne qui souffre de la maladie
d’Alzheimer dégénère. Ainsi, l’incontinence, les troubles
du sommeil, l’errance nocturne, la diminution de tonus
musculaire associée à la perte des praxies et à l’agnosie
qui occasionne l’incapacité de se lever, de s’asseoir, de
marcher, de manger seule entraînant la nécessité de soins
continus. Peu à peu que les symptômes progressent,
l’incapacité de mastiquer et de déglutition, donc de se
nourrir de même que la vulnérabilité aux infections et aux
maladies opportunistes. Ce cortège de difficultés conduit
inéluctablement vers la mort.
Les
phases de la maladie d’Alzheimer.
|
Stade |
Stade clinique
|
Tableau clinique
|
|
Stade 1
Aucun
affaiblissement observé |
Normal |
Pas d’atteinte fonctionnelle.
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Stade 2
Affaiblissement intellectuel très léger
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Oublis |
Se plaint de trous de mémoire, oublis
de situation, d’objets familiers, des noms…
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Stade 3
Affaiblissement intellectuel léger. |
État confusionnel léger
|
1er déficits évidents : ÷ du
rendement au travail. Difficulté a trouver les mots
observé par l’entourage. Trouble de la concentration
|
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Stade 4
Affaiblissement intellectuel modéré. |
État confusionnel marquer
|
Perte de mémoire des fait récents.
Difficulté à se souvenir des événements de sa vie.
Difficulté de calcul simple. Devient indifférent.
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Stade 5
Affaiblissement modérément grave. |
Démence précoce |
Ne peut plus vivre sans aide. Ne se
souvient plus se souvenir de son adresse, de son
numéro de téléphone, du nom de ses proche.
Désorientation temporelle ou spatiale. Peut faire sa
toilette, manger seul, mais une aide pour choisis ses
vêtements. |
|
Stade 6
Affaiblissement intellectuel grave. |
Démence moyenne |
Plus conscient des événements récents,
de l’année, de la saison. Difficulté à compter de 10 à
0 ou de 0 à 10. Besoins d’aide pour les activités
quotidiennes. Incontinence possible. Délires,
répétition obsessive des même geste, anxiété,
agitation, comportement violent possible. Se souvient
de son nom. |
|
Stade 7
Affaiblissement intellectuel très grave.
|
Démence profonde |
Aphasie, mutisme fréquent. La p. fait
entendre ses grognements. Incontinence, besoin d’aide
pour se laver et pour manger. Perte des fonctions
psychomotrices (marcher). Le cerveau n’est plus
capable de donner des ordres au corps. |
Les facteurs
étiologiques de la maladie.
Les causes de la maladie d’Alzheimer
ne sont pas encore réellement connues.
Principe d’anatomie et de physiologie. Tortora – Grabowski, Deuxième édition française. De
Boeck Le Garnier Delamare, Maloine. Dictionnaire des termes de médecines 25e édition.
Le Corps Humain, étude, structure et fonction Le
rôle infirmier dans la pratique clinique. 2ème édition, 1998 * Brooker *
Cd-room
"Le corps humain" "L'encyclopédie du corps humain en 3D" Version 6.0 TLC-Edusoft, 1998